Budget de l’État 2026 : les chiffres clés, poste par poste

Par la Rédaction Équilibre Ninja · Publié le · 8 min de lecture · Budget et lois de finances

Budget de l’État 2026 : recettes, dépenses, déficit et grands postes en chiffres sourcés, avec un graphique interactif pour tout explorer.

134,6 Md€ de déficit de l’État voté pour 2026

Chiffres : Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 ; INSEE, comptes nationaux 2024, mis à jour le 31 octobre 2026.

Le budget de l’État 2026 prévoit 452,7 milliards d’euros de dépenses nettes pour 319,2 milliards de recettes nettes, soit un déficit de 134,6 milliards d’euros. Ces chiffres sont ceux de la loi de finances promulguée le 19 février 2026, après un automne de crise politique, une loi spéciale et un recours à l’article 49.3. Premier poste : l’école. Parmi ceux qui grimpent le plus vite : la défense. Et derrière ces montants se cache un piège dans lequel tombent bien des commentaires : le budget de l’État ne représente qu’un gros tiers de la dépense publique.

Le budget de l’État 2026 en 5 chiffres

Pour financer ce déficit et rembourser les emprunts arrivés à échéance, l’État est autorisé à lever 310 milliards d’euros de dette à moyen et long terme en 2026, un record. Le déficit de l’État en représente un peu plus de 43 % ; l’essentiel du reste sert à rembourser les emprunts arrivés à échéance (172,4 Md€, dette reprise de SNCF Réseau comprise).

Budget de l’État ou dépense publique : ne pas confondre

« Le budget de la France », dans le langage courant, désigne souvent la loi de finances. C’est réducteur. Les comptes nationaux de l’INSEE distinguent trois grands blocs d’administrations publiques, et l’État n’est pas le plus gros.

État, Sécurité sociale, collectivités : qui dépense quoi

GraphiqueQui dépense l’argent public ? (2024, sans double compte)1 671,8 Md€ au total, en 2024
  1. Sécurité sociale757,3 Md€ 45,3 %
  2. État et ses agences592,3 Md€ 35,4 %
  3. Collectivités locales322,2 Md€ 19,3 %

Source : Eurostat, comptes des administrations publiques (gov_10a_main), France, par sous-secteur · Tout le détail dans l’Explorer

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Sécurité sociale757,3 Md€45,3 %
État et ses agences592,3 Md€35,4 %
Collectivités locales322,2 Md€19,3 %

En 2024, la Sécurité sociale (retraites de base et complémentaires, Assurance maladie, allocations familiales, chômage) a dépensé 757,3 Md€, soit 45,3 % du total. L’État et ses agences arrivent ensuite avec 592,3 Md€ (35,4 %), puis les collectivités locales avec 322,2 Md€ (19,3 %). Chacun de ces blocs a sa propre loi ou son propre vote : la loi de finances pour l’État, la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour les caisses, les budgets votés par chaque conseil municipal, départemental ou régional pour les collectivités.

1 671,8 Md€ de dépense publique en 2024, soit 57,0 % du PIB

Tous blocs confondus, la dépense publique a atteint 1 671,8 Md€ en 2024 selon l’INSEE, pour 1 502,7 Md€ de recettes : 169,1 Md€ de déficit, soit 5,8 % du PIB. La différence de périmètre est spectaculaire : les retraites, premier poste de la dépense publique avec 432,6 Md€, passent presque entièrement par la Sécurité sociale et n’apparaissent dans le budget de l’État qu’à travers les pensions des fonctionnaires et quelques subventions d’équilibre. Pour une vue complète, notre article sur la répartition des dépenses publiques détaille les quinze grands postes.

Les grandes missions de l’État en 2026

Le budget général se découpe en une trentaine de missions, elles-mêmes divisées en programmes. Chaque mission reçoit des crédits de paiement (ce qui peut être décaissé dans l’année) et des autorisations d’engagement (ce qui peut être signé, parfois sur plusieurs années).

Enseignement scolaire, défense, charge de la dette : le trio de tête

Mission (loi de finances 2026)Crédits de paiement
Enseignement scolaire89,6 Md€
Défense66,5 Md€
Engagements financiers de l’État (charge de la dette)60,3 Md€
Recherche et enseignement supérieur31,6 Md€
Solidarité, insertion et égalité des chances31,3 Md€
Sécurités (police, gendarmerie)25,8 Md€
Écologie, développement et mobilité durables22,8 Md€
Cohésion des territoires (logement, hébergement)22,6 Md€
Travail, emploi et administration des ministères sociaux20,8 Md€
Justice13,0 Md€

L’enseignement scolaire reste de loin la première mission : près de 90 Md€, consacrés pour l’essentiel aux salaires des enseignants et des personnels de l’Éducation nationale. La défense occupe désormais la deuxième place, portée par la loi de programmation militaire et par les 3,5 Md€ supplémentaires annoncés en juillet 2025 pour 2026. Quant à la mission « Engagements financiers », elle pèse presque autant que l’armée : c’est le prix des intérêts versés aux détenteurs d’obligations de l’État, que l’on retrouve dans notre dossier sur la dette publique de la France.

À ces missions s’ajoutent des dépenses logées ailleurs dans la loi : le compte d’affectation spéciale « Pensions », qui verse les retraites des fonctionnaires de l’État (67,9 Md€ exécutés en 2024), et les prélèvements sur recettes : 44,8 Md€ reversés aux collectivités territoriales et 28,4 Md€ à l’Union européenne en 2026.

GraphiqueLes dépenses de l’État et de ses agences en 2024 (exécution)592,3 Md€ au total, en 2024
  1. Enseignement scolaire84,2 Md€ 14,2 %
  2. Agences de l’État et ajustements comptables75,1 Md€ 12,7 %
  3. Retraites des fonctionnaires de l’État67,9 Md€ 11,5 %
  4. Engagements financiers de l’État58,6 Md€ 9,9 %
  5. Défense58,4 Md€ 9,9 %
  6. Recherche et enseignement supérieur31 Md€ 5,2 %
  7. Solidarité, insertion et égalité des chances30,6 Md€ 5,2 %
  8. Sécurités25,3 Md€ 4,3 %
  9. Écologie, développement et mobilité durables23,3 Md€ 3,9 %
  10. Autres (25 postes)137,9 Md€ 23,3 %

Source : Eurostat, comptes des administrations publiques (gov_10a_main), France, par sous-secteur · Tout le détail dans l’Explorer

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Enseignement scolaire84,2 Md€14,2 %
Agences de l’État et ajustements comptables75,1 Md€12,7 %
Retraites des fonctionnaires de l’État67,9 Md€11,5 %
Engagements financiers de l’État58,6 Md€9,9 %
Défense58,4 Md€9,9 %
Recherche et enseignement supérieur31 Md€5,2 %
Solidarité, insertion et égalité des chances30,6 Md€5,2 %
Sécurités25,3 Md€4,3 %
Écologie, développement et mobilité durables23,3 Md€3,9 %
Autres (25 postes)137,9 Md€23,3 %

Ce graphique, tiré de l’Explorer, montre la dernière année exécutée (2024) dans le périmètre des comptes nationaux. Il ajoute les dépenses des agences de l’État et retire les dotations versées aux collectivités, pour ne rien compter deux fois.

Les missions qui augmentent, celles qui baissent

Comparer deux lois de finances votées permet de lire les priorités. Entre les crédits votés pour 2024 et ceux votés pour 2026 (en euros courants, à périmètre de mission courant) :

MissionLFI 2024LFI 2026Évolution
Cohésion des territoires19,2 Md€22,6 Md€+17,6 %
Défense56,8 Md€66,5 Md€+17,1 %
Justice12,2 Md€13,0 Md€+6,6 %
Sécurités24,3 Md€25,8 Md€+6,3 %
Enseignement scolaire87,0 Md€89,6 Md€+3,0 %
Engagements financiers de l’État60,8 Md€60,3 Md€−0,8 %
Travail et emploi (périmètre élargi en 2026, voir ci-dessous)22,7 Md€20,8 Md€−8,1 %
Aide publique au développement5,9 Md€3,6 Md€−39,7 %
Investir pour la France de 20307,7 Md€4,4 Md€−42,9 %

Les fonctions régaliennes (armées, justice, police) progressent nettement plus vite que les prix sur la période. À l’inverse, l’aide au développement, le plan d’investissement France 2030 et la politique de l’emploi (apprentissage, contrats aidés) reculent. Pour l’emploi, la comparaison est seulement indicative : la mission a été rebaptisée en 2026 « Travail, emploi et administration des ministères sociaux » et son périmètre a changé. La quasi-stabilité de la charge de la dette entre ces deux lois est trompeuse : elle tient aux hypothèses de taux et d’inflation retenues à chaque fois, et la tendance de fond reste à la hausse.

D’où viennent les recettes de l’État ?

En 2026, les recettes fiscales nettes de l’État sont estimées à 363,6 Md€, auxquelles s’ajoutent 28,9 Md€ de recettes non fiscales (dividendes des entreprises publiques, amendes, ventes de biens et services).

Recette (loi de finances 2026)Montant net
Impôt sur le revenu99,8 Md€
TVA (part de l’État)99,8 Md€
Impôt sur les sociétés61,6 Md€
Accises sur les énergies (carburants, gaz, électricité ; part de l’État)25,3 Md€
Autres impôts et taxes77,0 Md€
Recettes non fiscales28,9 Md€

Une surprise pour beaucoup : la TVA, premier impôt de France, ne rapporte « que » 99,8 Md€ à l’État. C’est qu’une grande partie de son produit est affectée à la Sécurité sociale et aux collectivités. Toutes administrations confondues, la TVA a rapporté 207,8 Md€ en 2024. De même, la CSG (153,1 Md€ en 2024) et les cotisations sociales (483,6 Md€) n’entrent pas dans le budget de l’État : elles financent directement la protection sociale.

GraphiqueToutes les recettes publiques en 2024 (État, Sécurité sociale, collectivités)1 502,7 Md€ au total, en 2024
  1. Cotisations sociales483,6 Md€ 32,2 %
  2. TVA et taxes sur la consommation307,1 Md€ 20,4 %
  3. Impôts sur le revenu (IR, CSG, CRDS)276,8 Md€ 18,4 %
  4. Autres recettes (ventes, revenus du patrimoine public…)175,8 Md€ 11,7 %
  5. Impôts locaux et sur la production133,1 Md€ 8,9 %
  6. Impôt sur les sociétés et assimilés82,1 Md€ 5,5 %
  7. Patrimoine et successions44,2 Md€ 2,9 %

Source : INSEE, comptes nationaux 2024 — recettes des administrations publiques par nature (SEC 2010), diffusé par Eurostat (gov_10a_main) · Tout le détail dans l’Explorer

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Cotisations sociales483,6 Md€32,2 %
TVA et taxes sur la consommation307,1 Md€20,4 %
Impôts sur le revenu (IR, CSG, CRDS)276,8 Md€18,4 %
Autres recettes (ventes, revenus du patrimoine public…)175,8 Md€11,7 %
Impôts locaux et sur la production133,1 Md€8,9 %
Impôt sur les sociétés et assimilés82,1 Md€5,5 %
Patrimoine et successions44,2 Md€2,9 %

Pour voir chaque impôt en détail, l’onglet Recettes de l’Explorer décompose la TVA par taux, l’impôt sur le revenu par tranche de revenus et les cotisations par type de cotisant.

Le déficit 2026 et sa révision en cours d’année

La loi de finances visait un déficit public de 5,0 % du PIB en 2026, toutes administrations confondues, après 5,1 % en 2025 (INSEE). Cet objectif n’a pas tenu. Dans le projet de loi de finances pour 2027, présenté à l’automne 2026, le gouvernement prévoit désormais un déficit de 5,4 % du PIB pour 2026, puis de 5,0 % en 2027, et une dette qui atteindrait 121,7 % du PIB en 2027.

GraphiqueLe déficit public en % du PIB, 2000-2024en % du PIB
Le déficit public en % du PIB, 2000-2024Déficit public : 1,3 % en 2000, 5,8 % en 20240 %3 %5 %8 %10 %2000200520102015202020242009 : Crise financière2020 : Covid-19Déficit public, 2000 : 1,3 %Déficit public, 2001 : 1,4 %Déficit public, 2002 : 3,2 %Déficit public, 2003 : 4,1 %Déficit public, 2004 : 3,6 %Déficit public, 2005 : 3,5 %Déficit public, 2006 : 2,7 %Déficit public, 2007 : 3 %Déficit public, 2008 : 3,5 %Déficit public, 2009 : 7,4 %Déficit public, 2010 : 7,2 %Déficit public, 2011 : 5,3 %Déficit public, 2012 : 5,2 %Déficit public, 2013 : 4,9 %Déficit public, 2014 : 4,6 %Déficit public, 2015 : 3,9 %Déficit public, 2016 : 3,8 %Déficit public, 2017 : 3,4 %Déficit public, 2018 : 2,3 %Déficit public, 2019 : 2,4 %Déficit public, 2020 : 8,9 %Déficit public, 2021 : 6,6 %Déficit public, 2022 : 4,7 %Déficit public, 2023 : 5,4 %Déficit public, 2024 : 5,8 %5,8 %

Source : INSEE, comptes nationaux (Eurostat gov_10a_main, gov_10dd_edpt1)

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AnnéeDéficit public
20001,3 %
20011,4 %
20023,2 %
20034,1 %
20043,6 %
20053,5 %
20062,7 %
20073 %
20083,5 %
20097,4 %
20107,2 %
20115,3 %
20125,2 %
20134,9 %
20144,6 %
20153,9 %
20163,8 %
20173,4 %
20182,3 %
20192,4 %
20208,9 %
20216,6 %
20224,7 %
20235,4 %
20245,8 %

Plusieurs facteurs expliquent ce dérapage : une croissance revue de 1 % à 0,5 % pour 2026, et les conséquences de la crise en Iran au printemps 2026 (hausse des prix de l’énergie, mesures de soutien comme l’aide de 100 € aux « grands rouleurs »). Pour compenser une partie de ces dépenses, deux décrets du 11 juin 2026 ont annulé 0,95 Md€ de crédits de paiement, et le gouvernement a mis en réserve 1,7 Md€ de crédits de paiement supplémentaires. Ces outils permettent d’ajuster le budget sans loi de finances rectificative, mais dans des limites étroites fixées par la loi organique.

Ce que coûte le budget de l’État pour un ménage

Rapportées aux 31,4 millions de ménages recensés par l’INSEE, les dépenses nettes de l’État représentent environ 14 400 € par ménage et par an, et son déficit près de 4 300 € par ménage. Pour toute la dépense publique, Sécurité sociale et collectivités comprises, la facture moyenne monte à 53 242 € par ménage (2024).

Ces moyennes donnent un ordre de grandeur, pas une facture individuelle : un ménage ne « paie » pas sa part, il contribue selon ses revenus et sa consommation et reçoit selon sa situation (enfants scolarisés, retraite, soins). Pour savoir ce que finance concrètement votre salaire, le simulateur Ma paie répartit chaque euro de votre fiche de paie entre les grands postes.

Les débats : réduire les dépenses, hausser les recettes, ou les deux ?

Avec un déficit public revu à 5,4 % du PIB et une charge de la dette en hausse, la Cour des comptes, le Haut Conseil des finances publiques et la Commission européenne appellent à corriger la trajectoire. Les désaccords portent sur la méthode et le rythme.

Pour comprendre l’ensemble du tableau avant de trancher, le chapitre Vue d’ensemble du parcours Comprendre résume en quelques écrans d’où vient l’argent public et où il va. Et pour passer à l’action, le jeu Équilibrer vous met dans le fauteuil du ministre : 169 Md€ de déficit à combler, poste par poste.

Explorer ce poste : État et ses agences, 592,3 Md€ en 2024

Questions fréquentes

Quel est le montant du budget de l’État en 2026 ?

La loi de finances pour 2026, promulguée le 19 février 2026, prévoit 452,7 Md€ de dépenses nettes pour le budget général et 319,2 Md€ de recettes nettes, après les prélèvements versés aux collectivités et à l’Union européenne. Le solde général de l’État, budgets annexes et comptes spéciaux compris, est un déficit de 134,6 Md€.

Quel est le premier poste du budget de l’État ?

L’enseignement scolaire, avec 89,6 Md€ de crédits de paiement en 2026, devant la défense (66,5 Md€) et les engagements financiers de l’État (60,3 Md€), qui regroupent pour l’essentiel la charge de la dette. À l’échelle de toute la dépense publique, ce sont les retraites qui arrivent en tête.

Qui vote le budget de l’État ?

Le Parlement. Le gouvernement dépose le projet de loi de finances à l’automne ; l’Assemblée nationale puis le Sénat l’examinent dans un délai de 70 jours fixé par la Constitution. Pour 2026, le texte a été adopté début février 2026 après un recours à l’article 49.3, une loi spéciale ayant permis de lever l’impôt à partir du 1er janvier.

Quelle différence entre budget de l’État et dépense publique ?

Le budget de l’État ne couvre que l’État. La dépense publique (1 671,8 Md€ en 2024 selon l’INSEE) ajoute la Sécurité sociale et les collectivités locales, sans double compte. L’État et ses agences n’en représentent qu’environ 35 %.

Sources