En 2026, les allocations familiales s’élèvent à 152,25 € par mois pour 2 enfants et 347,32 € pour 3 enfants, pour un foyer dont les revenus 2024 ne dépassent pas 79 980 € (2 enfants) ou 86 644 € (3 enfants). Au-delà, le montant est divisé par deux, puis par quatre. Ce montant des allocations familiales 2026 est en vigueur depuis le 1er avril, date de la revalorisation annuelle de 0,8 %. Voici le barème complet, les plafonds, les autres aides (PAJE, rentrée scolaire, complément familial), puis la vue d’ensemble : la politique familiale coûte 66,7 Md€ par an, et les allocations n’en sont qu’un cinquième.
Montants des allocations familiales au 1er avril 2026
Le barème dépend de trois choses : le nombre d’enfants à charge (au moins deux en métropole), les revenus du foyer deux ans plus tôt, et l’âge des enfants. Les montants ci-dessous sont nets de CRDS, versés chaque mois par la Caf ou la MSA.
| Enfants à charge | Tranche 1 (revenus modestes et moyens) | Tranche 2 | Tranche 3 (revenus les plus élevés) |
|---|---|---|---|
| 2 enfants | 152,25 € | 76,13 € | 38,07 € |
| 3 enfants | 347,32 € | 173,67 € | 86,83 € |
| 4 enfants | 542,39 € | 271,20 € | 135,60 € |
| Majoration pour âge, par enfant | + 76,13 € | + 38,07 € | + 19,03 € |
| Forfait des 20 ans (3 enfants et plus) | 96,27 € | 48,14 € | 24,07 € |
Source : Service-Public.fr, montants au 1er avril 2026. Au-delà de 4 enfants, chaque enfant supplémentaire ajoute 195,07 € en tranche 1.
Tous ces montants découlent d’un seul chiffre : la BMAF, la base mensuelle de calcul des allocations familiales, fixée à 478,16 € depuis le 1er avril 2026 (contre 474,37 € auparavant). Les allocations pour 2 enfants valent 32 % de cette base, soit 153,01 € ; une fois la CRDS de 0,5 % retirée, il reste les 152,25 € versés. C’est pourquoi on lit parfois l’un ou l’autre chiffre.
La majoration pour âge passe à 18 ans
C’est le changement notable de 2026. Jusqu’ici, chaque enfant de 14 ans ou plus ouvrait droit à une majoration (sauf l’aîné d’une famille de deux enfants). Pour les enfants nés à partir du 1er mars 2012, elle n’est désormais versée qu’à partir de 18 ans (décret n° 2026-138 du 27 février 2026, en vigueur le 1er mars). Les enfants nés avant cette date, qui avaient déjà 14 ans au 1er mars 2026, gardent l’ancienne règle.
L’effet est concret : en tranche 1, quatre années sans majoration représentent 4 × 12 × 76,13 €, soit environ 3 650 € de moins par enfant concerné, au barème actuel.
Plafonds de ressources et modulation
Depuis juillet 2015, les allocations familiales sont modulées selon les revenus. Il n’existe donc pas de plafond au-delà duquel elles disparaissent, mais deux seuils qui les divisent par deux, puis par quatre. Le revenu retenu est le revenu net catégoriel de 2024 pour les droits de 2026 ; les seuils ont été revalorisés au 1er janvier 2026.
| Enfants à charge | Fin de la tranche 1 | Fin de la tranche 2 |
|---|---|---|
| 2 enfants | 79 980 € | 106 604 € |
| 3 enfants | 86 644 € | 113 268 € |
| 4 enfants | 93 308 € | 119 932 € |
Chaque enfant supplémentaire relève les seuils de 6 664 €. Un complément dégressif évite l’effet de seuil pour les foyers qui dépassent de peu une limite.
Combien de familles sont concernées par la modulation ? Les données départementales de la CNAF ne croisent pas tranche et nombre d’enfants. Notre reconstitution, recalée sur les montants versés en 2024, place environ 9 familles allocataires sur 10 en tranche 1 : la modulation touche une minorité de foyers, mais elle a sensiblement réduit leurs montants.
Les autres aides : PAJE, ARS, complément familial
Les allocations familiales ne sont qu’une prestation parmi d’autres. Pour les jeunes enfants, la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE) regroupe plusieurs aides, toutes sous conditions de ressources :
- la prime à la naissance : 1 093,11 € par enfant à naître, versée au cours de la grossesse ;
- l’allocation de base : 198,16 € par mois à taux plein ou 99,08 € à taux partiel, jusqu’aux 3 ans de l’enfant ;
- le complément de libre choix du mode de garde (CMG), qui prend en charge une partie du coût d’une assistante maternelle ou d’une garde à domicile ;
- la PreParE, pour le parent qui réduit ou arrête son activité.
Plus tard viennent l’allocation de rentrée scolaire (ARS), versée depuis le 18 août 2026 : 426,87 € pour un enfant de 6 à 10 ans, 450,41 € de 11 à 14 ans et 466,02 € de 15 à 18 ans (plafond de 28 956 € de revenus pour un enfant). Et le complément familial, réservé aux familles d’au moins trois enfants de 3 ans ou plus aux revenus modestes : 198,16 € par mois, ou 297,27 € pour les plus faibles revenus.
Pour un foyer aux revenus modestes, les aides familiales se combinent avec les minima sociaux et la prime d’activité, calculés eux aussi à partir de la composition familiale : voir les montants 2026 du RSA et de la prime d’activité.
Le budget de la politique familiale : 66,7 Md€
Prenons du recul. En 2024, la fonction « famille et enfants » des comptes nationaux atteint 66,7 Md€, soit 2,3 % du PIB et environ 970 € par habitant. Elle a doublé en euros courants depuis 1995 (33,6 Md€).
Source : INSEE, comptes nationaux 2024 — dépenses des administrations publiques par fonction (COFOG), diffusé par Eurostat (gov_10a_exp) — fonctions 10.4 · Tout le détail dans l’Explorer
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| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Allocations familiales | 13,8 Md€ | 20,6 % |
| Naissance et jeunes enfants (PAJE) | 13 Md€ | 19,5 % |
| Aide sociale à l’enfance (départements) | 10,5 Md€ | 15,7 % |
| Rentrée scolaire et autres aides | 10,1 Md€ | 15,1 % |
| Crèches et accueil des tout-petits | 9,5 Md€ | 14,2 % |
| Autres aides aux familles (non détaillées) | 5,4 Md€ | 8 % |
| Congés maternité et paternité | 4,5 Md€ | 6,7 % |
La surprise, pour beaucoup, est la faible part des allocations familiales : 13,8 Md€, soit à peine plus de 20 % du total. La PAJE en pèse presque autant (13,0 Md€, estimation). Les familles de 3 enfants ou plus reçoivent l’essentiel des allocations (7,7 Md€), devant celles de 2 enfants (5,5 Md€), car le montant progresse fortement à partir du troisième enfant.
Crèches, aide sociale à l’enfance, congés de naissance
Une large part de l’effort ne passe pas par des versements aux familles, mais par des services :
- Crèches et accueil des tout-petits : environ 9,5 Md€ pour quelque 470 000 places, dont près de la moitié en salaires des personnels. La Caf finance une partie de chaque heure de garde.
- Aide sociale à l’enfance (ASE) : environ 10,5 Md€, à la charge des départements, pour près de 380 000 mesures, dont 210 000 enfants placés en foyer ou en famille d’accueil. Un placement en maison d’enfants coûte de l’ordre de 190 € par jour.
- Congés de naissance : environ 4,5 Md€ d’indemnités de maternité et de paternité versées par l’Assurance maladie. Depuis le 1er juillet 2026 s’y ajoute le congé supplémentaire de naissance créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 : un à deux mois par parent, indemnisés à 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second, pour les enfants nés ou arrivés au foyer depuis le 1er janvier 2026.
Ces montants sont des estimations par regroupement des comptes nationaux, sauf les allocations familiales, l’ASF, le complément familial et l’ARS, publiés par la CNAF. Corrigée de l’inflation, la dépense a nettement moins progressé que ne le suggère le doublement en euros courants :
Source : INSEE, comptes nationaux, dépenses par fonction (Eurostat gov_10a_exp) · Voir le détail dans l’Explorer
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| Année | Famille et enfance |
|---|---|
| 1995 | 51,6 Md€ |
| 1996 | 51,9 Md€ |
| 1997 | 52,7 Md€ |
| 1998 | 51,9 Md€ |
| 1999 | 53,3 Md€ |
| 2000 | 54,9 Md€ |
| 2001 | 56,1 Md€ |
| 2002 | 55,9 Md€ |
| 2003 | 56,8 Md€ |
| 2004 | 57,6 Md€ |
| 2005 | 57,6 Md€ |
| 2006 | 59,3 Md€ |
| 2007 | 62,8 Md€ |
| 2008 | 62 Md€ |
| 2009 | 63,4 Md€ |
| 2010 | 63,1 Md€ |
| 2011 | 64 Md€ |
| 2012 | 65,1 Md€ |
| 2013 | 65,8 Md€ |
| 2014 | 66,5 Md€ |
| 2015 | 65,3 Md€ |
| 2016 | 64,4 Md€ |
| 2017 | 64,8 Md€ |
| 2018 | 64 Md€ |
| 2019 | 63,7 Md€ |
| 2020 | 62,7 Md€ |
| 2021 | 63,9 Md€ |
| 2022 | 65,5 Md€ |
| 2023 | 65,5 Md€ |
| 2024 | 66,7 Md€ |
Allocations familiales par département
Les montants versés varient d’un territoire à l’autre, non parce que le barème change, mais parce que les revenus et l’âge des enfants diffèrent. En 2024, les Caf ont versé 5,5 Md€ aux 3,15 millions de familles de 2 enfants allocataires, soit 1 750 € par famille et par an en moyenne.
| Département (familles de 2 enfants, 2024) | Familles | Montant versé | Par famille et par an |
|---|---|---|---|
| Nord | 123 708 | 221,8 M€ | 1 793 € |
| Pas-de-Calais | 71 152 | 131,8 M€ | 1 852 € |
| Seine-Saint-Denis | 78 469 | 142,2 M€ | 1 812 € |
| Rhône | 93 618 | 157,0 M€ | 1 677 € |
| Hauts-de-Seine | 80 278 | 110,3 M€ | 1 374 € |
| Paris | 71 384 | 95,9 M€ | 1 343 € |
Source : CNAF, CAFdata 2024 (régime général), traitement Équilibre Ninja.
L’écart entre le Pas-de-Calais et Paris (plus de 500 € par famille) reflète directement la modulation : dans les départements aux revenus les plus élevés, une part plus importante de familles se trouve en tranche 2 ou 3. Le détail par région et par département, avec les cas types au barème, est disponible dans l’Explorer des allocations familiales.
Les débats : natalité, universalité, quotient familial
La politique familiale française est ancienne (les allocations datent de l’entre-deux-guerres et ont été généralisées en 1946) et ses objectifs se discutent toujours. Trois débats reviennent régulièrement.
La natalité. En 2025, la France a enregistré 645 000 naissances et plus de décès que de naissances, une première depuis 1945 ; la fécondité est tombée à 1,56 enfant par femme (INSEE). Certains y voient un argument pour renforcer les aides, en particulier à partir du deuxième enfant ; d’autres soulignent que les études trouvent des effets réels mais modestes des prestations sur la natalité, et que la garde d’enfants, le logement et l’emploi des parents pèsent au moins autant.
L’universalité. Faut-il verser les mêmes allocations à tous, au nom de la compensation des charges de famille, ou les concentrer sur les foyers modestes ? La modulation de 2015 a tranché à mi-chemin. Ses défenseurs y voient une mesure de justice et d’économies ; ses critiques estiment qu’elle a rompu le principe d’une politique familiale « horizontale », qui transfère des foyers sans enfants vers les familles quel que soit leur revenu.
Le quotient familial. Côté impôt, chaque enfant ajoute une demi-part (une part à partir du troisième), dans la limite de 1 807 € d’avantage par demi-part pour l’impôt 2026. Pour les uns, c’est le pendant fiscal légitime de la politique familiale ; pour les autres, un avantage qui profite surtout aux foyers imposables les plus aisés, les plus modestes ne payant pas d’impôt sur le revenu (détail dans notre article sur le barème de l’impôt sur le revenu 2026).
Ces arbitrages ont un coût : chaque milliard ajouté ou retiré se retrouve dans le solde de la Sécurité sociale. Pour mesurer leur poids face aux autres postes, comparez avec les dépenses publiques en France ou le coût des retraites, ou suivez le chapitre Comprendre la famille.