Quels budgets ont le plus augmenté depuis 30 ans ? Le classement complet

Par la Rédaction Équilibre Ninja · Publié le · 8 min de lecture · Dépenses publiques

Environnement ×4,4, logement ×3,3, santé ×3,1… Quels postes de dépense publique ont le plus augmenté depuis 1995 ? Le classement INSEE.

×4,4 l’environnement, poste qui a le plus augmenté depuis 1995

Chiffres : INSEE, comptes nationaux 1995-2024 (Eurostat gov_10a_exp) ; déflateur du PIB (Eurostat nama_10_gdp), mis à jour le 31 octobre 2026.

Entre 1995 et 2024, la dépense publique française a été multipliée par 2,44, de 684 à 1 671,8 milliards d’euros. Mais tous les budgets n’ont pas suivi le même rythme. Le poste qui a le plus augmenté est l’environnement, multiplié par 4,4, devant le logement et l’aménagement (×3,3), la culture et le sport (×3,2) et la santé (×3,1). À l’autre bout du classement, les intérêts de la dette n’ont progressé que de 33 % et la défense de 81 %. Voici le classement complet des quinze postes, sur trente ans puis sur dix ans, et la bonne façon de lire ces hausses.

Le classement en un coup d’œil

Le graphique ci-dessous classe les quinze postes selon leur hausse réelle, c’est-à-dire une fois l’inflation retirée (avec le déflateur du PIB, qui a progressé de 54 % sur la période). Les barres se mettent en place à l’affichage : l’ordre d’arrivée dit tout.

GraphiqueHausse réelle de chaque poste de dépense publique, 1995-2024Hausse en euros constants (inflation retirée), 1995-2024 ; toute la dépense publique : +59 %
  1. Environnement+187 %
  2. Logement et aménagement+112 %
  3. Culture, sport, loisirs+111 %
  4. Santé+102 %
  5. Police, justice, pompiers+87 %
  6. Retraites+82 %
  7. Solidarité et lutte contre la pauvreté+70 %
  8. Arrêts maladie et invalidité+56 %
  9. Chômage et emploi+44 %
  10. Fonctionnement des pouvoirs publics+39 %
  11. Économie, transports, énergie+38 %
  12. Éducation et recherche+37 %
  13. Famille et enfance+29 %
  14. Défense+17 %
  15. Intérêts de la dette−7 %

Source : INSEE, comptes nationaux, dépenses par fonction (Eurostat gov_10a_exp) ; déflateur du PIB

Voir les données
PosteÉvolution réelle 1995-2024
Environnement+187 %
Logement et aménagement+112 %
Culture, sport, loisirs+111 %
Santé+102 %
Police, justice, pompiers+87 %
Retraites+82 %
Solidarité et lutte contre la pauvreté+70 %
Arrêts maladie et invalidité+56 %
Chômage et emploi+44 %
Fonctionnement des pouvoirs publics+39 %
Économie, transports, énergie+38 %
Éducation et recherche+37 %
Famille et enfance+29 %
Défense+17 %
Intérêts de la dette−7 %

Le tableau complet, en euros courants, en euros constants et en part du PIB :

RangPoste19952024Multiplié parHausse réellePart du PIB 1995 → 2024
1Environnement6,9 Md€30,3 Md€×4,41+187 %0,56 → 1,03 %
2Logement et aménagement12,9 Md€42,1 Md€×3,26+112 %1,06 → 1,44 %
3Culture, sport, loisirs13,3 Md€43,1 Md€×3,25+111 %1,09 → 1,47 %
4Santé84,2 Md€261,2 Md€×3,10+102 %6,90 → 8,90 %
5Police, justice, pompiers18,1 Md€52,1 Md€×2,88+87 %1,49 → 1,78 %
6Retraites154,6 Md€432,6 Md€×2,80+82 %12,67 → 14,74 %
7Solidarité et pauvreté23,5 Md€61,3 Md€×2,61+70 %1,92 → 2,09 %
8Arrêts maladie et invalidité35,0 Md€83,9 Md€×2,40+56 %2,87 → 2,86 %
9Chômage et emploi21,9 Md€48,5 Md€×2,21+44 %1,80 → 1,65 %
10Pouvoirs publics47,8 Md€102,3 Md€×2,14+39 %3,91 → 3,49 %
11Économie, transports, énergie78,2 Md€166,1 Md€×2,12+38 %6,41 → 5,66 %
12Éducation et recherche80,0 Md€168,5 Md€×2,11+37 %6,56 → 5,74 %
13Famille et enfance33,6 Md€66,7 Md€×1,99+29 %2,75 → 2,27 %
14Défense30,0 Md€54,2 Md€×1,81+17 %2,46 → 1,85 %
15Intérêts de la dette44,2 Md€58,9 Md€×1,33−13 %3,62 → 2,01 %
Total684,0 Md€1 671,8 Md€×2,44+59 %56,0 → 57,0 %

Un fait surprend souvent : rapportée à la richesse nationale, la dépense publique totale est presque stable sur trente ans (56,0 % du PIB en 1995, 57,0 % en 2024). Ce qui a changé, c’est sa composition. La santé et les retraites ont gagné 4 points de PIB à elles deux ; les intérêts de la dette, l’éducation, l’économie et la défense en ont perdu presque autant.

Sur 30 ans : les plus fortes hausses

Environnement ×4,4

Le poste part de très bas : 6,9 milliards d’euros en 1995, 30,3 milliards en 2024. Il recouvre surtout des services gérés par les communes et les intercommunalités. La collecte et le traitement des déchets ont été multipliés par 5,2 (de 3,0 à 15,9 Md€), sous l’effet des normes européennes, de la fermeture des décharges et du tri sélectif. La lutte contre la pollution (air, sols, bruit) a été multipliée par 10,8, mais sur de petits montants (de 0,4 à 4,3 Md€). Les égouts et stations d’épuration ont été multipliés par 3,3, au rythme de la directive européenne de 1991 sur les eaux résiduaires urbaines.

GraphiqueCe que recouvre le poste Environnement en 202430,3 Md€ au total, en 2024
  1. Collecte et traitement des déchets15,9 Md€ 52,4 %
  2. Égouts et stations d’épuration5,2 Md€ 17,2 %
  3. Lutte contre la pollution4,3 Md€ 14,1 %
  4. Recherche sur l’environnement1,8 Md€ 5,8 %
  5. Nature et biodiversité1,7 Md€ 5,5 %
  6. Transition écologique (fonds vert, ADEME…)1,5 Md€ 5 %

Source : INSEE, comptes nationaux 2024 — dépenses des administrations publiques par fonction (COFOG), diffusé par Eurostat (gov_10a_exp) — fonctions 05.1, 05.2, 05.3, 05.4, 05.5, 05.6 · Tout le détail dans l’Explorer

Voir les données
PosteMontantPart
Collecte et traitement des déchets15,9 Md€52,4 %
Égouts et stations d’épuration5,2 Md€17,2 %
Lutte contre la pollution4,3 Md€14,1 %
Recherche sur l’environnement1,8 Md€5,8 %
Nature et biodiversité1,7 Md€5,5 %
Transition écologique (fonds vert, ADEME…)1,5 Md€5 %

Logement et aménagement ×3,3 et culture ×3,2

Dans les comptes publics, le poste « logement et aménagement » ne comprend pas les allocations logement (APL), classées dans la solidarité. Il regroupe la construction et la rénovation de logements, l’eau potable, l’éclairage public et surtout l’aménagement des villes et villages, passé de 7,5 à 27,2 milliards d’euros (×3,6), dont un doublement entre 2015 et 2024. Les séries détaillées sont toutefois plus fragiles que les grands agrégats : une partie de ces hausses peut tenir à des changements de classement comptable.

La culture, le sport et les loisirs suivent une trajectoire voisine. Le sport et les loisirs ont été multipliés par 4 (de 3,8 à 15,6 Md€) avec la multiplication des équipements communaux, piscines, gymnases et stades, et plus récemment les Jeux olympiques de Paris 2024. Musées, patrimoine et spectacles ont été multipliés par 3,4. L’audiovisuel public progresse moins vite (×2,0).

GraphiqueSix trajectoires, base 100 en 1995indice base 100 en 1995, inflation retirée
  • Environnement
  • Logement et aménagement
  • Culture, sport, loisirs
  • Santé
  • Défense
  • Intérêts de la dette
Six trajectoires, base 100 en 1995Environnement : 100 en 1995, 286,8 en 2024 ; Logement et aménagement : 100 en 1995, 211,9 en 2024 ; Culture, sport, loisirs : 100 en 1995, 210,9 en 2024 ; Santé : 100 en 1995, 201,5 en 2024 ; Défense : 100 en 1995, 117,3 en 2024 ; Intérêts de la dette : 100 en 1995, 92,6 en 202401002003001995200020052010201520202024Environnement, 1995 : 100Environnement, 1996 : 103,3Environnement, 1997 : 112,5Environnement, 1998 : 114Environnement, 1999 : 120Environnement, 2000 : 136,8Environnement, 2001 : 148,9Environnement, 2002 : 151,7Environnement, 2003 : 163Environnement, 2004 : 173,5Environnement, 2005 : 181,9Environnement, 2006 : 192,7Environnement, 2007 : 192,9Environnement, 2008 : 199,1Environnement, 2009 : 214,2Environnement, 2010 : 222,3Environnement, 2011 : 224,7Environnement, 2012 : 227Environnement, 2013 : 233Environnement, 2014 : 235,4Environnement, 2015 : 233,4Environnement, 2016 : 223,3Environnement, 2017 : 226,4Environnement, 2018 : 237,1Environnement, 2019 : 250,9Environnement, 2020 : 240,9Environnement, 2021 : 257Environnement, 2022 : 275,8Environnement, 2023 : 279,7Environnement, 2024 : 286,8Logement et aménagement, 1995 : 100Logement et aménagement, 1996 : 94,4Logement et aménagement, 1997 : 101,6Logement et aménagement, 1998 : 102,8Logement et aménagement, 1999 : 108,7Logement et aménagement, 2000 : 123,2Logement et aménagement, 2001 : 124,3Logement et aménagement, 2002 : 138,5Logement et aménagement, 2003 : 135,3Logement et aménagement, 2004 : 140,2Logement et aménagement, 2005 : 137Logement et aménagement, 2006 : 146,8Logement et aménagement, 2007 : 160Logement et aménagement, 2008 : 168Logement et aménagement, 2009 : 187,3Logement et aménagement, 2010 : 179,9Logement et aménagement, 2011 : 179,8Logement et aménagement, 2012 : 173,5Logement et aménagement, 2013 : 171,2Logement et aménagement, 2014 : 166,3Logement et aménagement, 2015 : 161,3Logement et aménagement, 2016 : 152,8Logement et aménagement, 2017 : 149,6Logement et aménagement, 2018 : 145,6Logement et aménagement, 2019 : 156,2Logement et aménagement, 2020 : 149,4Logement et aménagement, 2021 : 166,8Logement et aménagement, 2022 : 171,1Logement et aménagement, 2023 : 182,8Logement et aménagement, 2024 : 211,9Culture, sport, loisirs, 1995 : 100Culture, sport, loisirs, 1996 : 98,7Culture, sport, loisirs, 1997 : 103Culture, sport, loisirs, 1998 : 109,4Culture, sport, loisirs, 1999 : 116,9Culture, sport, loisirs, 2000 : 126,3Culture, sport, loisirs, 2001 : 141Culture, sport, loisirs, 2002 : 150,7Culture, sport, loisirs, 2003 : 158,7Culture, sport, loisirs, 2004 : 160,9Culture, sport, loisirs, 2005 : 168,9Culture, sport, loisirs, 2006 : 178,4Culture, sport, loisirs, 2007 : 181,7Culture, sport, loisirs, 2008 : 184,3Culture, sport, loisirs, 2009 : 190,6Culture, sport, loisirs, 2010 : 195,7Culture, sport, loisirs, 2011 : 199,1Culture, sport, loisirs, 2012 : 200,6Culture, sport, loisirs, 2013 : 205,8Culture, sport, loisirs, 2014 : 200,8Culture, sport, loisirs, 2015 : 189,2Culture, sport, loisirs, 2016 : 185,9Culture, sport, loisirs, 2017 : 190,9Culture, sport, loisirs, 2018 : 192,5Culture, sport, loisirs, 2019 : 199,8Culture, sport, loisirs, 2020 : 185,5Culture, sport, loisirs, 2021 : 195,5Culture, sport, loisirs, 2022 : 201,9Culture, sport, loisirs, 2023 : 207Culture, sport, loisirs, 2024 : 210,9Santé, 1995 : 100Santé, 1996 : 103,3Santé, 1997 : 104Santé, 1998 : 107Santé, 1999 : 110,1Santé, 2000 : 115,9Santé, 2001 : 119,7Santé, 2002 : 126Santé, 2003 : 131,8Santé, 2004 : 136,9Santé, 2005 : 142,7Santé, 2006 : 144,6Santé, 2007 : 146,3Santé, 2008 : 146,4Santé, 2009 : 152,8Santé, 2010 : 156,1Santé, 2011 : 159,5Santé, 2012 : 160,6Santé, 2013 : 163Santé, 2014 : 166,9Santé, 2015 : 166,3Santé, 2016 : 168,9Santé, 2017 : 172,8Santé, 2018 : 174Santé, 2019 : 176Santé, 2020 : 179,5Santé, 2021 : 200,1Santé, 2022 : 199,2Santé, 2023 : 196,6Santé, 2024 : 201,5Défense, 1995 : 100Défense, 1996 : 104,1Défense, 1997 : 96,9Défense, 1998 : 88,9Défense, 1999 : 89,6Défense, 2000 : 88,9Défense, 2001 : 96,1Défense, 2002 : 95,3Défense, 2003 : 86,5Défense, 2004 : 89,1Défense, 2005 : 92,8Défense, 2006 : 96,7Défense, 2007 : 95,2Défense, 2008 : 97,9Défense, 2009 : 101,6Défense, 2010 : 106Défense, 2011 : 98Défense, 2012 : 99Défense, 2013 : 99,2Défense, 2014 : 93,8Défense, 2015 : 97,9Défense, 2016 : 112Défense, 2017 : 102,3Défense, 2018 : 104,2Défense, 2019 : 104,4Défense, 2020 : 104,8Défense, 2021 : 103,6Défense, 2022 : 110,7Défense, 2023 : 113,1Défense, 2024 : 117,3Intérêts de la dette, 1995 : 100Intérêts de la dette, 1996 : 106Intérêts de la dette, 1997 : 106,7Intérêts de la dette, 1998 : 105,3Intérêts de la dette, 1999 : 99Intérêts de la dette, 2000 : 99,1Intérêts de la dette, 2001 : 104,2Intérêts de la dette, 2002 : 104,4Intérêts de la dette, 2003 : 100,1Intérêts de la dette, 2004 : 100,3Intérêts de la dette, 2005 : 99,1Intérêts de la dette, 2006 : 97,6Intérêts de la dette, 2007 : 103,3Intérêts de la dette, 2008 : 110,8Intérêts de la dette, 2009 : 95,4Intérêts de la dette, 2010 : 97,1Intérêts de la dette, 2011 : 106,4Intérêts de la dette, 2012 : 103,2Intérêts de la dette, 2013 : 92,2Intérêts de la dette, 2014 : 87,8Intérêts de la dette, 2015 : 82Intérêts de la dette, 2016 : 77,4Intérêts de la dette, 2017 : 74,4Intérêts de la dette, 2018 : 74,7Intérêts de la dette, 2019 : 65,3Intérêts de la dette, 2020 : 51,2Intérêts de la dette, 2021 : 59,2Intérêts de la dette, 2022 : 84,1Intérêts de la dette, 2023 : 83,9Intérêts de la dette, 2024 : 92,6286,8211,9210,9201,5117,392,6

Source : INSEE, comptes nationaux, dépenses par fonction (Eurostat gov_10a_exp) ; INSEE, comptes nationaux (Eurostat gov_10a_main, gov_10dd_edpt1) · Environnement dans l’Explorer · Logement et aménagement dans l’Explorer · Culture, sport, loisirs dans l’Explorer · Santé dans l’Explorer · Défense dans l’Explorer · Intérêts de la dette dans l’Explorer

Voir les données
AnnéeEnvironnementLogement et aménagementCulture, sport, loisirsSantéDéfenseIntérêts de la dette
1995100100100100100100
1996103,394,498,7103,3104,1106
1997112,5101,610310496,9106,7
1998114102,8109,410788,9105,3
1999120108,7116,9110,189,699
2000136,8123,2126,3115,988,999,1
2001148,9124,3141119,796,1104,2
2002151,7138,5150,712695,3104,4
2003163135,3158,7131,886,5100,1
2004173,5140,2160,9136,989,1100,3
2005181,9137168,9142,792,899,1
2006192,7146,8178,4144,696,797,6
2007192,9160181,7146,395,2103,3
2008199,1168184,3146,497,9110,8
2009214,2187,3190,6152,8101,695,4
2010222,3179,9195,7156,110697,1
2011224,7179,8199,1159,598106,4
2012227173,5200,6160,699103,2
2013233171,2205,816399,292,2
2014235,4166,3200,8166,993,887,8
2015233,4161,3189,2166,397,982
2016223,3152,8185,9168,911277,4
2017226,4149,6190,9172,8102,374,4
2018237,1145,6192,5174104,274,7
2019250,9156,2199,8176104,465,3
2020240,9149,4185,5179,5104,851,2
2021257166,8195,5200,1103,659,2
2022275,8171,1201,9199,2110,784,1
2023279,7182,8207196,6113,183,9
2024286,8211,9210,9201,5117,392,6

Santé ×3,1

C’est la hausse la plus lourde en milliards : +177 milliards d’euros en trente ans, de 84,2 à 261,2 Md€. Inflation retirée, la dépense publique de santé a doublé (+102 %). La part des médicaments et appareils a été multipliée par 4,1 (de 10,6 à 43,7 Md€), celle des médecins et soins de ville par 3,2, celle des hôpitaux par 2,7. Le vieillissement de la population, la hausse des maladies chroniques, le coût des traitements innovants et, plus récemment, les revalorisations salariales du Ségur de la santé en 2020 se cumulent. Pour aller plus loin : le budget de la santé et de l’hôpital.

Sur 10 ans : logement, sécurité, environnement, défense en tête

Le classement change quand on regarde la dernière décennie. Entre 2015 et 2024, en euros courants :

PosteHausse 2015-2024Hausse réelle
Logement et aménagement+57 %+31 %
Environnement+46 %+23 %
Police, justice, pompiers+46 %+22 %
Santé+44 %+21 %
Défense+43 %+20 %
Arrêts maladie et invalidité+41 %+18 %
Famille et enfance+22 %+2 %
Intérêts de la dette+21 %+1 %
Chômage et emploi+15 %−3 %
Total+32 %+11 %
GraphiqueHausse réelle de chaque poste depuis 2015Hausse en euros constants (inflation retirée), 2015-2024 ; toute la dépense publique : +11 %
  1. Logement et aménagement+31 %
  2. Environnement+23 %
  3. Police, justice, pompiers+22 %
  4. Santé+21 %
  5. Défense+20 %
  6. Arrêts maladie et invalidité+18 %
  7. Intérêts de la dette+13 %
  8. Culture, sport, loisirs+11 %
  9. Retraites+9 %
  10. Solidarité et lutte contre la pauvreté+9 %
  11. Éducation et recherche+7 %
  12. Fonctionnement des pouvoirs publics+6 %
  13. Famille et enfance+2 %
  14. Économie, transports, énergie+2 %
  15. Chômage et emploi−3 %

Source : INSEE, comptes nationaux, dépenses par fonction (Eurostat gov_10a_exp) ; déflateur du PIB

Voir les données
PosteÉvolution réelle 2015-2024
Logement et aménagement+31 %
Environnement+23 %
Police, justice, pompiers+22 %
Santé+21 %
Défense+20 %
Arrêts maladie et invalidité+18 %
Intérêts de la dette+13 %
Culture, sport, loisirs+11 %
Retraites+9 %
Solidarité et lutte contre la pauvreté+9 %
Éducation et recherche+7 %
Fonctionnement des pouvoirs publics+6 %
Famille et enfance+2 %
Économie, transports, énergie+2 %
Chômage et emploi−3 %

Deux postes changent de statut. La défense, avant-dernière sur trente ans, se place dans le peloton de tête sur dix ans : après la longue baisse qui a suivi la fin de la guerre froide, les lois de programmation militaire successives ont relancé l’effort, et celle de 2023, actualisée par la loi du 16 août 2026, porte l’enveloppe 2024-2030 à 435,7 milliards d’euros (contre 413,3 milliards initialement). Le détail est dans notre article sur le budget de la défense. La sécurité (police, gendarmerie, justice, prisons, pompiers) progresse de 46 % : les pompiers ont été multipliés par 4,8 depuis 1995, après la départementalisation des services d’incendie et de secours en 1996, et les prisons par 3,2.

Les postes qui progressent le moins : dette, chômage, famille

Les intérêts de la dette offrent le paradoxe le plus net : la dette a été multipliée par 4,6 entre 1995 et 2024, mais la charge d’intérêts seulement par 1,33. La baisse continue des taux jusqu’en 2021 a absorbé l’essentiel du gonflement de la dette. La tendance s’est inversée avec la remontée des taux : les intérêts versés par les administrations publiques sont passés de 53,4 à 60,1 milliards d’euros entre 2023 et 2024 (au sens des comptes nationaux ; la classification par fonction du tableau, qui ne retient que la dette publique proprement dite, en compte 58,9 milliards). Pour le détail, voir notre article sur la dette publique.

Le chômage dépend d’abord de la conjoncture : la baisse du nombre de demandeurs d’emploi depuis 2015 et les réformes successives de l’assurance chômage expliquent un recul en euros constants sur dix ans. La famille progresse lentement, sous l’effet de la baisse de la natalité et de la modulation des allocations familiales selon les revenus en 2015.

GraphiqueLes intérêts de la dette en % du PIB, 1995-2024en % du PIB
Les intérêts de la dette en % du PIB, 1995-2024Intérêts de la dette : 3,5 % en 1995, 2 % en 20240 %1 %2 %3 %4 %19952000200520102015202020242009 : Crise financière2020 : Covid-19Intérêts de la dette, 1995 : 3,5 %Intérêts de la dette, 1996 : 3,6 %Intérêts de la dette, 1997 : 3,6 %Intérêts de la dette, 1998 : 3,4 %Intérêts de la dette, 1999 : 3,1 %Intérêts de la dette, 2000 : 3 %Intérêts de la dette, 2001 : 3,1 %Intérêts de la dette, 2002 : 3 %Intérêts de la dette, 2003 : 2,9 %Intérêts de la dette, 2004 : 2,8 %Intérêts de la dette, 2005 : 2,7 %Intérêts de la dette, 2006 : 2,6 %Intérêts de la dette, 2007 : 2,7 %Intérêts de la dette, 2008 : 2,9 %Intérêts de la dette, 2009 : 2,5 %Intérêts de la dette, 2010 : 2,5 %Intérêts de la dette, 2011 : 2,7 %Intérêts de la dette, 2012 : 2,6 %Intérêts de la dette, 2013 : 2,3 %Intérêts de la dette, 2014 : 2,2 %Intérêts de la dette, 2015 : 2 %Intérêts de la dette, 2016 : 1,9 %Intérêts de la dette, 2017 : 1,8 %Intérêts de la dette, 2018 : 1,8 %Intérêts de la dette, 2019 : 1,5 %Intérêts de la dette, 2020 : 1,3 %Intérêts de la dette, 2021 : 1,4 %Intérêts de la dette, 2022 : 1,9 %Intérêts de la dette, 2023 : 1,9 %Intérêts de la dette, 2024 : 2 %2 %

Source : INSEE, comptes nationaux (Eurostat gov_10a_main, gov_10dd_edpt1) · Voir le détail dans l’Explorer

Voir les données
AnnéeIntérêts de la dette
19953,5 %
19963,6 %
19973,6 %
19983,4 %
19993,1 %
20003 %
20013,1 %
20023 %
20032,9 %
20042,8 %
20052,7 %
20062,6 %
20072,7 %
20082,9 %
20092,5 %
20102,5 %
20112,7 %
20122,6 %
20132,3 %
20142,2 %
20152 %
20161,9 %
20171,8 %
20181,8 %
20191,5 %
20201,3 %
20211,4 %
20221,9 %
20231,9 %
20242 %

Euros courants, euros constants, part du PIB : bien lire les hausses

Un même poste peut sembler exploser ou stagner selon l’unité retenue. Trois mesures se complètent.

  1. Les euros courants donnent les montants réellement dépensés chaque année. Ils gonflent mécaniquement avec les prix : un budget stable en volume affiche +54 % en trente ans.
  2. Les euros constants retirent l’inflation. Ici, nous utilisons le déflateur du PIB, qui mesure l’évolution des prix de l’ensemble de l’économie ; l’indice des prix à la consommation, centré sur les ménages, donnerait des résultats proches.
  3. La part du PIB rapporte la dépense à la richesse produite. Elle répond à une autre question : l’effort consacré à un poste augmente-t-il plus vite que l’économie ?

Il faut enfin tenir compte de la population, passée de 59,3 à 68,7 millions d’habitants (+16 %). Par habitant, la dépense publique réelle a augmenté d’environ 37 % depuis 1995 ; le détail figure dans notre article sur les dépenses publiques par habitant.

Pourquoi ces hausses ? Les explications avancées

Les économistes et les institutions publiques avancent plusieurs explications, dont le poids respectif est discuté.

  • La démographie. Le nombre de personnes âgées augmente plus vite que la population : c’est le premier moteur des retraites et de la santé.
  • L’effet Baumol. Dans les services à forte intensité de main-d’œuvre (soins, éducation, culture), les gains de productivité sont faibles alors que les salaires suivent ceux du reste de l’économie : leur coût relatif monte.
  • La loi de Wagner. Quand un pays s’enrichit, la demande de services collectifs (santé, environnement, loisirs) augmente plus vite que le revenu.
  • La décentralisation. Depuis les années 1980, les collectivités ont reçu de nouvelles compétences et ont fortement investi : déchets, eau, équipements sportifs et culturels, aménagement.
  • Les chocs. Les crises de 2009 et de 2020, puis la flambée de l’énergie en 2022, ont créé des dépenses exceptionnelles dont une partie est devenue durable.

Explorer ce poste : Toute la dépense publique, 1 671,8 Md€ en 2024

Questions fréquentes

Quel poste de dépense publique a le plus augmenté depuis 1995 ?

L’environnement, multiplié par 4,4 en euros courants entre 1995 et 2024 (de 6,9 à 30,3 Md€), soit +187 % une fois l’inflation retirée. Viennent ensuite le logement et l’aménagement (×3,3), la culture et le sport (×3,2) et la santé (×3,1).

De combien les dépenses publiques ont-elles augmenté en 30 ans ?

La dépense publique totale est passée de 684 Md€ en 1995 à 1 671,8 Md€ en 2024, soit une multiplication par 2,44 en euros courants et une hausse de 59 % en euros constants. Rapportée au PIB, elle est restée proche de 56-57 %.

Quels budgets ont le moins augmenté ?

Les intérêts de la dette (×1,33 en euros courants, en baisse de 13 % inflation retirée), la défense (×1,81) et la famille (×1,99). En part du PIB, l’éducation, la défense et les affaires économiques ont reculé.

Quels budgets ont le plus augmenté sur les dix dernières années ?

Entre 2015 et 2024, en euros courants, le logement et l’aménagement (+57 %), l’environnement (+46 %), la police, la justice et les pompiers (+46 %), la santé (+44 %) et la défense (+43 %).

Faut-il comparer en euros courants ou en euros constants ?

Les euros courants montrent les montants réellement dépensés chaque année ; les euros constants retirent la hausse des prix et permettent de comparer des années éloignées. La part du PIB, enfin, rapporte la dépense à la richesse produite.

Sources