Déficit public : 152,5 Md€ en 2025 (5,1 % du PIB) après 169 Md€ en 2024. Définition, différence avec la dette, trajectoire 2027 et comparaison.
5,1 % du PIB : le déficit public de la France en 2025
Chiffres : INSEE, comptes nationaux 2024 et comptes des administrations publiques 2025 ; Eurostat ; PLF 2027, mis à jour le 31 octobre 2026.
Le déficit public de la France s’élève à 152,5 milliards d’euros en 2025, soit 5,1 % du PIB, selon l’INSEE. Il recule après 169,1 milliards d’euros en 2024 (5,8 % du PIB), mais reste presque deux fois supérieur à la limite européenne de 3 %. Pour se représenter l’ordre de grandeur : le déficit de 2024 équivaut à 2 463 € par habitant, ou à la totalité de la dépense publique d’éducation et de recherche de l’année (168,5 milliards). Définition, différence avec la dette, causes, trajectoire jusqu’en 2027 et comparaison avec nos voisins : l’essentiel à savoir.
Le déficit public en chiffres
Le déficit public est l’écart, sur une année, entre ce que dépensent et ce que perçoivent l’ensemble des administrations publiques : l’État, la Sécurité sociale, les collectivités locales et les organismes qui en dépendent.
En 2025, l’amélioration vient surtout des recettes, en hausse de 3,9 %, quand les dépenses ont ralenti à +2,5 % en euros courants, après +4,0 % en 2024. Le taux de prélèvements obligatoires remonte à 43,6 % du PIB, contre 42,8 % un an plus tôt.
Déficit ou dette : l’image de la baignoire
On confond souvent les deux notions. La différence tient en une image.
Une nuance compte pourtant : en proportion du PIB, la dette peut se stabiliser avec un léger déficit, si la richesse nationale croît assez vite. C’est comme si la baignoire s’agrandissait en même temps qu’elle se remplit. Avec une dette de 115 % du PIB et une croissance nominale de 3 % par an, le ratio se stabilise pour un déficit d’environ 3,4 % du PIB (115 × 3 / 103). La dette publique a son propre article, qui détaille ce mécanisme.
Déficit primaire et déficit total
Une partie du déficit sert à payer les intérêts de la dette passée. Pour savoir si les administrations vivent au-dessus de leurs moyens hors héritage, les économistes regardent le déficit primaire, c’est-à-dire le déficit hors charge d’intérêts.
2024
2025
Déficit public total
169,1 Md€
152,5 Md€
Charge d’intérêts (INSEE, D.41)
60,1 Md€
64,7 Md€
Déficit primaire (calcul)
109,0 Md€
≈ 88 Md€
Déficit primaire en % du PIB
3,7 %
≈ 2,9 %
Ce déficit primaire est le cœur du problème : tant qu’il reste élevé, la dette augmente plus vite que la richesse nationale. Et la charge d’intérêts, qui a plus que doublé entre 2020 et 2025 avec la remontée des taux et de l’inflation, alourdit mécaniquement le déficit total (+11,2 % en 2025 selon l’INSEE).
D’où vient le déficit : dépenses en hausse, recettes en baisse ?
GraphiqueRecettes et dépenses publiques en % du PIB, 1995-2024en % du PIB (axe resserré, il ne part pas de zéro)
L’écart entre les deux courbes, c’est le déficit. La France n’a pas connu d’excédent public depuis 1974. Depuis 1995, les dépenses ont dépassé les recettes chaque année, le plus souvent de 2 à 5 points de PIB (1,3 point au plus bas, en 2000), avec deux pics lors des crises de 2009 (7,4 points) et de 2020 (8,9 points).
Entre 2019 et 2024, le déficit est passé de 2,4 % à 5,8 % du PIB. Les deux côtés y ont contribué à parts presque égales : les dépenses ont augmenté de 1,6 point de PIB (de 55,3 % à 57,0 %), sous l’effet des mesures de crise, du bouclier tarifaire sur l’énergie, des retraites et de la charge d’intérêts ; les recettes ont reculé de 1,7 point (de 53,0 % à 51,2 %), avec les baisses d’impôts décidées depuis 2017 et des rentrées fiscales inférieures aux prévisions en 2023 et 2024.
Chaque camp met en avant l’une des deux moitiés : un déficit de dépenses pour les uns, un déficit de recettes pour les autres. Les chiffres montrent que les deux mouvements se sont additionnés.
L’évolution depuis 1995
GraphiqueLe déficit public de la France en % du PIB, 1995-2024en % du PIB
1995-2008 : parti de 5,1 % du PIB en 1995, le déficit oscille ensuite entre 1,3 % (point bas de 2000, porté par une croissance forte) et 4,1 % (2003).
2009-2019 : la crise financière le fait bondir à 7,4 % du PIB en 2009 ; il redescend lentement, jusqu’à 2,3 % en 2018 et 2,4 % en 2019, seules années récentes sous le seuil des 3 %.
Depuis 2020 : la crise sanitaire le porte à 8,9 % du PIB. Il revient à 4,7 % en 2022, puis remonte à 5,4 % en 2023 et 5,8 % en 2024, avant de refluer à 5,1 % en 2025.
La trajectoire 2026-2027
Le projet de loi de finances pour 2027, présenté début octobre 2026, révise la prévision de 2026 à 5,4 % du PIB, contre 5,0 % visés dans la loi de finances initiale, notamment parce que la croissance attendue pour 2026 a été abaissée à 0,5 %, contre 1 % retenu lors du vote du budget. Pour 2027, avec une croissance prévue de 1 %, le gouvernement vise 5,0 % du PIB, grâce à un effort de 54 milliards d’euros, dont 43 milliards de mesures nouvelles, le reste correspondant à la montée en charge de mesures déjà décidées.
Le texte est en cours d’examen au Parlement : son contenu peut encore changer. En toile de fond, la France fait l’objet depuis juillet 2024 d’une procédure européenne pour déficit excessif et s’est engagée à revenir sous les 3 % du PIB à la fin de la décennie.
La France face à ses voisins européens
Selon Eurostat, la France affiche en 2025 le quatrième déficit le plus élevé de l’Union européenne, derrière la Roumanie, la Pologne et la Belgique.
Pays
Déficit public 2025 (% du PIB)
Roumanie
7,9 %
Pologne
7,3 %
Belgique
5,2 %
France
5,1 %
Italie
3,1 %
Union européenne
3,1 %
Zone euro
2,9 %
Allemagne
2,7 %
Espagne
2,4 %
Pays-Bas
1,6 %
Cinq pays dégagent même un excédent : Chypre (3,4 % du PIB), le Danemark (2,9 %), l’Irlande (1,8 %), la Grèce (1,7 %) et le Portugal (0,7 %). La Grèce et le Portugal, en grande difficulté il y a quinze ans, ont redressé leurs comptes, au prix de programmes d’ajustement dont le coût social et la transposabilité restent discutés.
Les débats : comment le réduire
Réduire le déficit, il n’existe que trois leviers : moins de dépenses, plus de recettes, plus de croissance. Les écoles de pensée divergent sur le dosage et le rythme.
Réduisez le déficit vous-même
169 milliards d’euros, c’est l’écart à combler sur les comptes de 2024. Supprimer tout le budget de la défense (54,2 milliards) n’en couvrirait qu’un tiers. Le plus simple pour mesurer la difficulté est de s’y essayer, poste par poste.
Pour revoir les notions de base, le chapitre Comprendre la dette reprend le lien entre déficit, dette et intérêts, étape par étape.
Selon l’INSEE, le déficit public atteint 152,5 milliards d’euros en 2025, soit 5,1 % du PIB, après 169,1 milliards d’euros (5,8 % du PIB) en 2024. Il regroupe l’État, la Sécurité sociale et les collectivités locales.
Quelle est la différence entre le déficit et la dette ?
Le déficit est un flux, l’écart entre les dépenses et les recettes publiques sur une année. La dette est un stock, la somme des emprunts accumulés et non remboursés. Chaque année de déficit s’ajoute à la dette, qui atteint 3 460,1 milliards d’euros fin 2025 (115,7 % du PIB).
Qu’est-ce que le déficit primaire ?
C’est le déficit hors charge d’intérêts de la dette. En 2024, il atteint 109,0 milliards d’euros (169,1 milliards de déficit moins 60,1 milliards d’intérêts au sens des comptes nationaux de l’INSEE, code D.41), soit 3,7 % du PIB ; en 2025, environ 88 milliards (2,9 % du PIB). Il mesure l’écart entre ce que les administrations dépensent pour leurs politiques et ce qu’elles prélèvent.
Quel est l’objectif de déficit pour 2027 ?
Le projet de loi de finances pour 2027, présenté en octobre 2026, vise un déficit de 5,0 % du PIB en 2027, après une prévision révisée à 5,4 % pour 2026 en raison d’une croissance plus faible. Le texte est en discussion au Parlement.
Le déficit public et le déficit budgétaire, est-ce la même chose ?
Non. Le déficit budgétaire ne concerne que le budget de l’État, en comptabilité de caisse ; il s’élève à 124,2 milliards d’euros en 2025, après 155,9 milliards en 2024. Le déficit public, au sens du traité de Maastricht, inclut aussi la Sécurité sociale et les collectivités locales.