Le barème de l’impôt sur le revenu 2026, appliqué aux revenus perçus en 2025, compte cinq tranches : 0 % jusqu’à 11 600 € par part, puis 11 %, 30 %, 41 % et 45 % au-delà de 181 917 €. Les seuils ont été relevés de 0,9 % pour suivre l’inflation. Mais derrière ce tableau connu de tous se cache un impôt très particulier : moins d’un foyer sur deux le paie, et les 10 % les plus aisés en versent près des trois quarts. Barème, calcul pas à pas, répartition réelle : voici tout ce qu’il faut savoir.
Le barème de l’impôt sur le revenu 2026 en un tableau
Le barème est fixé chaque année par la loi de finances. Celle pour 2026, promulguée le 19 février 2026, a revalorisé toutes les limites de tranches de 0,9 %, ce qui évite qu’un contribuable dont le revenu suit seulement les prix ne bascule dans une tranche supérieure.
| Tranche de revenu imposable (par part) | Taux d’imposition |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| De 11 600 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 579 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 577 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Trois précisions évitent la plupart des contresens :
- le barème s’applique au revenu net imposable, c’est-à-dire après l’abattement forfaitaire de 10 % sur les salaires et pensions (ou les frais réels) et les charges déductibles ;
- il s’applique par part de quotient familial : on divise le revenu du foyer par son nombre de parts, on calcule l’impôt d’une part, puis on multiplie ;
- l’impôt payé en 2026 porte sur les revenus de 2025, mais il est prélevé à la source depuis 2019 : le taux appliqué sur votre fiche de paie est ensuite régularisé à l’automne, après la déclaration.
Comment calculer son impôt sur le revenu : 3 exemples
Prenons trois foyers types et appliquons le barème 2026, sans réduction ni crédit d’impôt.
1. Un célibataire sans enfant, 25 000 € de revenu net imposable (soit environ 27 800 € de salaires nets imposables avant l’abattement de 10 %). Avec une part, seule la fraction comprise entre 11 600 € et 25 000 € est taxée, à 11 % : 13 400 € × 11 % = 1 474 €. Cet impôt est inférieur au seuil de la décote (1 982 € pour une personne seule), qui le réduit de 230 €. Impôt dû : 1 244 €.
2. Un couple marié ou pacsé sans enfant, 60 000 € de revenu net imposable. Le couple a deux parts, soit 30 000 € par part. Impôt d’une part : 17 979 € × 11 % (1 977,69 €) plus 421 € × 30 % (126,30 €), soit 2 103,99 €. Multiplié par deux : 4 208 €, sans décote puisque le seuil pour un couple est de 3 277 €.
3. Un couple avec deux enfants, 90 000 € de revenu net imposable. Le foyer a trois parts (deux pour le couple, une demi-part par enfant). Au quotient, l’impôt serait de 6 312 €. Mais sans les enfants, le couple paierait 13 208 € : l’avantage procuré par les enfants (6 896 €) dépasse le plafond de 1 807 € par demi-part, soit 3 614 € pour deux demi-parts. Le plafond s’applique : 13 208 € − 3 614 € = 9 594 €.
| Foyer | Revenu net imposable | Parts | Impôt dû | Taux moyen | Taux marginal |
|---|---|---|---|---|---|
| Célibataire | 25 000 € | 1 | 1 244 € | 5,0 % | 11 % |
| Couple sans enfant | 60 000 € | 2 | 4 208 € | 7,0 % | 30 % |
| Couple, deux enfants | 90 000 € | 3 | 9 594 € | 10,7 % | 30 % |
| Célibataire aisé | 100 000 € | 1 | 24 801 € | 24,8 % | 41 % |
Taux marginal et taux moyen
Le taux marginal d’imposition (TMI) est le taux de la tranche la plus haute atteinte : il indique combien l’État prélève sur le prochain euro gagné. Le taux moyen rapporte l’impôt total au revenu. Le célibataire du dernier exemple a un taux marginal de 41 %, mais il ne paie « que » 24,8 % de son revenu imposable : ses 11 600 premiers euros ne sont pas taxés, les suivants le sont à 11 %, puis 30 %. Le taux marginal sert à évaluer l’intérêt d’une heure supplémentaire, d’une prime ou d’un versement sur un plan d’épargne retraite ; le taux moyen mesure l’effort réel.
Quotient familial et décote
Le quotient familial adapte l’impôt à la taille du foyer : un couple compte deux parts, chacun des deux premiers enfants une demi-part, le troisième et les suivants une part entière, et un parent isolé bénéficie d’une demi-part supplémentaire. Comme le barème est progressif, diviser le revenu en plus de parts fait baisser l’impôt, et d’autant plus que le revenu est élevé. D’où le plafonnement : en 2026, chaque demi-part liée aux enfants ne peut réduire l’impôt de plus de 1 807 € (4 262 € pour la demi-part du premier enfant d’un parent isolé).
La décote fonctionne à l’inverse, en bas de l’échelle : elle allège l’impôt des foyers faiblement imposés pour éviter un saut brutal à l’entrée dans l’impôt. Elle vaut 897 € moins 45,25 % de l’impôt brut pour une personne seule, et 1 483 € moins 45,25 % de l’impôt brut pour un couple. Conséquence : dans cette zone, le taux marginal effectif dépasse les 11 % affichés, puisque chaque euro d’impôt supplémentaire réduit aussi la décote.
Combien rapporte l’impôt sur le revenu : 96 Md€
En 2024, l’impôt sur le revenu a rapporté 96,0 Md€ avant crédits d’impôt selon les comptes nationaux de l’INSEE. Les crédits d’impôt (emploi à domicile, garde d’enfants, dons…), qui représentent 8,9 Md€, sont comptés en dépenses publiques. C’est beaucoup, mais c’est seulement 6,4 % des recettes publiques, qui atteignent 1 502,7 Md€.
Source : INSEE, comptes nationaux annuels (base 2020), tableau 3.217 « Principaux impôts par catégorie », 2024 · Tout le détail dans l’Explorer
Voir les données
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| CSG (contribution sociale généralisée) | 153,1 Md€ | 55,3 % |
| Impôt sur le revenu | 96 Md€ | 34,7 % |
| Prélèvement de solidarité et autres contributions sociales | 14,6 Md€ | 5,3 % |
| CRDS (remboursement de la dette sociale) | 9,1 Md€ | 3,3 % |
| Prélèvements sur les revenus de l’épargne (dividendes, intérêts) | 3,9 Md€ | 1,4 % |
L’impôt sur le revenu pèse en revanche bien plus lourd dans le seul budget de l’État, dont il est, avec la TVA, l’une des deux grandes ressources. C’est ce qui explique sa place dans le débat public, bien supérieure à son poids dans l’ensemble des prélèvements, dont la vue complète figure dans notre article sur le taux de prélèvements obligatoires.
Qui paie l’impôt sur le revenu : la répartition par niveau de revenu
Un peu plus de 4 foyers sur 10 paient l’impôt sur le revenu. Parmi ceux qui le paient, la concentration est spectaculaire : selon l’INSEE et la DGFiP, en 2022, les 10 % de foyers aux revenus les plus élevés en ont acquitté 73,8 %.
| Groupe de foyers fiscaux | Part de l’IR (2022) | Montant 2024 estimé |
|---|---|---|
| Les 0,1 % les plus aisés | 13,1 % | inclus ci-dessous |
| Les 10 % les plus aisés (dont les 0,1 %) | 73,8 % | 70,9 Md€ |
| Les 15 % suivants (75e au 90e centile) | 16,6 % | 15,9 Md€ |
| Le quart juste au-dessus du revenu médian | 9,4 % | 9,0 Md€ |
| La moitié la plus modeste | 0,2 % | 0,2 Md€ |
Source : INSEE, comptes nationaux annuels (base 2020), tableau 3.217 « Principaux impôts par catégorie », 2024 · Tout le détail dans l’Explorer
Voir les données
| Poste | Montant | Part |
|---|---|---|
| Les 10 % de foyers les plus aisés | 70,9 Md€ | 73,8 % |
| Les 15 % de foyers suivants | 15,9 Md€ | 16,6 % |
| Le quart de foyers juste au-dessus du revenu médian | 9 Md€ | 9,4 % |
| La moitié la plus modeste des foyers | 192 M€ | 0,2 % |
Rapporté au nombre de foyers, l’écart est saisissant : les quelque 4,1 millions de foyers du dernier décile versent en moyenne environ 17 300 € par an, contre environ 880 € pour les 10,25 millions de foyers situés juste au-dessus du revenu médian. Ces chiffres traduisent deux réalités à la fois : la progressivité du barème, et l’inégalité des revenus imposables eux-mêmes, beaucoup plus concentrés en haut de la distribution que le reste des revenus.
IR ou CSG : le vrai impôt sur le revenu ?
La contribution sociale généralisée, créée en 1991 au taux de 1,1 %, a rapporté 153,1 Md€ en 2024, soit 1,6 fois l’impôt sur le revenu. Elle est prélevée à 9,2 % sur 98,25 % des salaires bruts, à des taux de 0 à 8,3 % sur les pensions de retraite et de 0 à 6,2 % sur les allocations chômage selon le revenu fiscal, et à 9,2 % sur les revenus du patrimoine, taux porté à 10,6 % pour une partie d’entre eux par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. S’y ajoute la CRDS (0,5 %, 9,1 Md€), affectée au remboursement de la dette sociale.
Les deux impôts frappent les mêmes revenus, mais selon des logiques opposées :
| Impôt sur le revenu | CSG | |
|---|---|---|
| Rendement 2024 | 96,0 Md€ | 153,1 Md€ |
| Assiette | revenu net imposable du foyer | quasiment tous les revenus, au premier euro |
| Taux | progressif, de 0 à 45 % | proportionnel (9,2 % sur les salaires, de 0 à 10,6 % selon les revenus) |
| Prise en compte de la famille | oui (quotient familial) | non (individuelle) |
| Qui paie | un peu plus de 4 foyers sur 10 | presque tous les ménages |
| Affectation | budget de l’État | Sécurité sociale |
En pratique, un salarié au revenu médian verse souvent davantage de CSG que d’impôt sur le revenu. C’est pourquoi certains économistes considèrent la CSG comme le véritable impôt sur le revenu à la française, et la fusion des deux revient régulièrement dans le débat.
Les débats : progressivité, nouvelles tranches, flat tax
Les faits qui précèdent sont établis ; ce qu’il faut en faire relève du choix politique. Plusieurs lignes de fracture structurent la discussion.
Ces arbitrages ont des conséquences chiffrables sur les recettes, et donc sur le déficit. Pour en mesurer l’ampleur, le plus simple reste de faire l’exercice : relever ou baisser une tranche, et observer l’effet sur le budget.
Pour savoir précisément à quoi sert l’argent prélevé, lisez notre décryptage Où vont nos impôts ?, et explorez le détail des recettes publiques jusqu’à chaque impôt.